Tour du Beaufortin (juin 2021).

80 km, 3750 m de dénivelé positif, on avait deux options:

Le faire en 15 heures avec un sac de 200 g, 2 barres de céréales et une couverture de survie… ou partir 6 jours avec un sac de 15 kilos, des crampons, on ne sait jamais,… après beaucoup d’hésitations, on a choisi la deuxième solution car on avait le temps, on aime bien porter des gros sacs, porter des crampons c’est super et surtout on voulait apprécier ce magnifique parcours et goûter à toutes les spécialités culinaires !!!

Notre point de départ, nous sommes reçus très chaleureusement dans ce petit chalet douillet au dessus de Queige et atteignons dès le premier soir un de nos objectifs : la découverte des spécialités savoyardes. Après une bière à la pression en apéritif, la saucisse diot accompagnée de crozets, petites pâtes plates, une soupe servie avec des morceaux de tomme et de beaufort… un délice.

Jour 1 refuge de la Croix de Pierre

Notre hôte nous propose de nous déposer aux Saisies ce qui nous fait gagner un temps précieux et nous permet de digérer tranquillement notre diner. Nous attaquons notre circuit en direction du refuge de la Croix de Pierre en passant dans la forêt de Covetan, le Col de Legette et le Mont Clocher.

Refuge de la croix de Pierre.

Cette première journée d’échauffement, 900 m avec tous les détours sur les dômes qui entourent le refuge, nous permet de profiter du paysage sur le Beaufortin et le massif du mont Blanc dans les nuages et de nos sacs de 15 kilos. C’est avec appétit que nous pouvons poursuivre nos découvertes gastronomiques !!! Après la bière traditionnelle du pays savoyard… Nous attaquons la soupe et ses morceaux de fromages généreux (tomme et beaufort) et des crozets accompagnés de saucisses aux herbes locales, ramassées autour du refuge. Délicieux, peut-être un peu difficile à digérer si vous voulez absolument terminer le plat !!! Un accueil très chaleureux de l’équipe qui a pris le temps de nous parler de la région et pour les plus courageux de faire découvrir leur génépi, bien après que le soleil soit couché.

Jour 2 refuge de la Croix du Bonhomme

En route vers le col Joly

Grosse journée en perspective, 900m de dénivelé et surtout 18 km. Le gardien nous conseille de passer par la fenêtre, un petit col qui va nous éviter une longue boucle. Après le petit raidillon qui nous fait passer le Col Joly, nous descendons vers le chalet de Roselette où nous profitons de la terrasse, face au massif du Mont Blanc… encore dans les nuages.

Nous attaquons ensuite la montée à la fenêtre. Pour certains, la courte nuit et le génépi, il faut être franc,… ne vont pas aider.

Après le pique-nique la montée au col du bonhomme se fait sur la neige, sans les crampons et c’est bien dommage le sac aurait été moins lourd !

Nous arrivons au refuge juste avant la pluie et nous nous renseignons immédiatement sur la qualité de la bière, parfaite, et le menu du soir…

Soupe aux légumes accompagnée de sa tomme et son beaufort et une nouveauté : la croziflette un gratin de crozets avec du lard… apparemment les savoyards aiment les crozets!

Nous repartons le lendemain en espérant éviter la pluie annoncée depuis le début du séjour pour le « lendemain »…

Refuge Croix du Bonhomme

Jour 3 Refuge Presset.

Une longue étape avec un bon dénivelé qui doit nous faire passer par le Col du Grand Fond à 2671 m, ce soir on va devoir affuter nos crampons car la neige nous accompagne depuis le début.

Le passage par les crêtes est splendide et nous permet d’admirer les sommets du Beaufortin : Aiguille du Grand Fond, Pointe de la Terrasse…

Après une descente vers le refuge du Plan de la Lai que nous laissons de côté, c’est d’un pas décidé et le cœur léger que nous remontons le dénivelé que nous venons de descendre…

Nous attrapons la neige bien avant le col, mais les traces sont suffisamment profondes pour éviter les crampons, dommage… Par contre, les nuages et la brume s’amoncellent derrière le col et la pluie tant espérée depuis le début semble enfin au rendez-vous. Une dernière traversée en dévers dans la brume pour parvenir au col et nous basculons vers le refuge du Presset juste à temps pour sortir les capes et recevoir une pluie de grêlons!!!

Jour 4 Refuge du Presset

Refuge du Presset

Heureusement le refuge récent tout en bois est bien équipé et nous permet de faire sécher facilement nos vêtements. Le poêle a été allumé et nous réchauffe après cette pluie glacée. Nous pouvons profiter de la vue sur la Pierra Menta.

La Perra Menta 2714 m

Nous savourons également nos bières et nous nous préparons à une nouvelle découverte gastronomique… Soupe et ses fromages suivie d’une croziflette avec son lard frit. Personnellement, j’aime bien les pâtes mais nous commençons à nous demander si les refuges ne participent pas à une sorte de concours de la meilleure croziflette…?

Jour 5 Refuge Econdu.

Col du Bresson

Le lendemain nous décidons de ne pas prendre la variante sous La Pierra Menta et de descendre du col de Bresson en direction du Lac d’Amour.

Après un passage à gué, nous remontons vers le col du coin très enneigé.

L’étape étant plus courte nous profitons du refuge communal de la Croire pour manger une omelette aux pommes de terre, histoire d’améliorer notre équilibre alimentaire.

Avant de descendre sur le refuge nous faisons un petit crochet par le Cret du Bœuf qui nous offre une belle vue sur le Beaufortin.

Cret du Bœuf

Puis nous rejoignons le refuge Econdu via le Lac des Fées.

La maîtresse de maison a su transformer ce gîte en un vrai havre de paix !!! C’est avec délice que l’on pouvait marcher pieds nus sur la pelouse et profiter des chaises longues pour siroter nos bières face aux alpages… un coin de paradis. Nous avons été ravis de savoir qu’elle participait au concours de la meilleure croziflette du tour du Beaufortin et c’est sans hésiter que nous lui avons décerné la médaille d’or !!!

Jour 6 Refuge des Arolles

Sur le parcours nous avons eu la chance de découvrir le secret de la fabrication du Beaufort. Nous n’étions pas pressés, contrairement au trailer égaré que nous avons croisé dans le gîte, enveloppé dans sa couverture de survie en train de manger sa deuxième barre de céréales !!!

le beaufort mis sous presse.

Nous avons ensuite rejoint le refuge des Arolles par un magnifique itinéraire…

Lac de saint Guerin
Le refuge de l’alpage (très fatigant)
Vue sur le massif du mont Blanc enfin découvert!
Ruisseau du grand Mont
Hébergement sous tente au refuge d’Arolles

Il devait y avoir une boum au refuge, c’est pour cette raison que nous avions été mis un peu à l’écart pour notre tranquillité.

Après notre moment de convivialité, nous sommes passés au kir plus couleur locale, nous avons fait connaissance avec une nouvelle spécialité, la médaille d’or étant déjà décernée on pouvait abandonner la croziflette : les lasagnes !!! Tellement bonnes que les plats ont été nettoyés par l’ensemble des pensionnaires présents au gîte. Si bien que lorsque la nouba aurait dû battre son plein tout le monde était couché, ronflant à gorge déployée!!!

Jour 7 retour au gîte de Molliessoulaz.

Soleil levant sur le Mont Blanc du refuge des Arolles

Cette dernière étape était attendue avec un peu d’appréhension. Trois cols dont un sans nom?, 1300m de descente et un passage délicat sur un névé, peut-être la dernière occasion de sortir les crampons?

Finalement on a évité la neige, c’était dommage de salir les crampons tout propres!
Col sans nom vue sur la vallée d’Albertville.

Finalement nous sommes arrivés sans encombre à notre point de départ. Le maître des lieux nous connaissant avait préparé un petit en-cas …

Voilà c’est fini… Magnifique parcours mais surtout un groupe amical et bienveillant, solidaire dans les moments délicats: la neige, la grêle, les repas (cinq croziflettes!). Bref, parfait.

Merci à Mireille et Alain pour l’organisation de ce séjour, Hélène pour ses photos, Dominique qui m’a fait découvrir l’importance qu’avait eu Niort pour notre civilisation et à Françoise, Marie Christine, Philippe de m’avoir supporté.

Bruno

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